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HISTORIQUE
Le premier
orgue connu de la cathédrale fut offert par Mgr. Bertrand de
Rosmadec et commandé, en 1524, au facteur Hervé
Guyllemin. Cet instrument est utilisé pendant le XVIe
siècle et se trouve probablement à bout de
souffle quand Robert Dallam émigre d'Angleterre en 1642 ou
1643. Dans une note non datée, celui-ci parle de la commande
qu'il a réalisée pour 5 300 livres du grand-orgue
de la cathédrale. Cet instrument devait comporter 25 ou 26
jeux répartis sur 3 claviers et pédalier. Il
place cet instrument au fond de la grande nef, dans le buffet que nous
admirons encore aujourd'hui et servira lui-même d'organiste
pendand quelques années. Une première
restauration date de 1672.
En 1701, on fit
venir des facteurs d'une autre ville. La seule trace de leur passage
est une pittoresque note d'auberge. Leur travail ne dut pas
être remarquablement exécuté puisqu'en
1702, c'est l'organiste lui-même, Guiomar, facteur
à ses heures, qui fait une réparation assez
délicate. Le même Guiomar retravaille en 1703 et
son mémoire nous mentionne un cromorne et une voix humaine
ignorés en 1838 par Cavaillé-Coll, dans son
premier devis. Il faut croire que le palliatif des révisions
par Guiomar ne fut pas satisfaisant puisqu'en 1704, le chapitre appelle
Le Brun, de Nantes, pour faire un relevage de tout l'orgue.
En 1747,
Lesclop est chargé de critiquer le mémoire
présenté par le facteur parisien, Marcellin
Tribuot. Lesclop, entre autres observations judicieuses, parle d'un
ravalement, opération qui permettrait de gagner des notes
aux extrémités de l'échelle sonore,
d'une trompette et d'un clairon ainsi que d'un 4 pieds et d'un nazard
à la pédale. Toutes les remarques de Lesclop sont
à noter car elles intéressent tant la facture que
l'interprétation.
Pillé
pendant la révolution, l'orgue fut
révisé, en 1795-6, par François
Marquer qui y ajouta de nombreux tuyaux provenant de l'orgue des
Jacobins de Morlaix. L'instrument fit l'objet d'une autre restauration
en 1816 par Mobeche. En 1838, les chanoines de Quimper songent
à restaurer complètement le vieux Dallam et
pensent aussitôt au jeune et déjà
remarquable facteur, Aristide Cavaillé-Coll. Son devis est
fort respectueux du vieil instrument qu'il se contente de vouloir
ranimer. Il est cependant déçu par la trop grande
faiblesse de la pédale, à son avis, et
désire lui adjoindre une flûte de 16 et une
bombarde. Il songe aussi à ajouter une bombarde au
grand-orgue, à remplacer le hautbois du Positif. Enfin, il
veut transformer l'Écho en le plaçant dans une
boîte expressive à volets et en y ajoutant une
trompette et un cor anglais. Si ces travaux s'étaient
réalisés, nous aurions eu un orgue parfaitement
« néo-classique » au sens du XXe
siècle, mélangeant le détail, la
finesse, la puissance et l'expression. Bien sûr,
malgré son respect des jeux anciens, le facteur romantique
pense déjà expression et puissance mais garde
l'équilibre ancien d'un grand plein-jeu.
Faute de
ressources, le projet n'a pas de suite et c'est seulement en 1846 que
l'on réouvre le dossier de l'orgue de Quimper.
Cavaillé-Coll a progressivement changé son
esthétique et, en 1846, il redonne un nouveau devis tout
à fait différent d'esprit de celui de 1836. Il
faut ajouter, et Cavaillé-Coll ne s'en prive pas, qu'en 8
ans, l'orgue s'est détérioré et qu'il
doit faire un plus gros travail. S'il transforme l'univers sonore et
supprimer beaucoup de jeux de détail, le facteur garde une
grande luminosité à l'ensemble avec les nombreux
rangs de mixtures qu'il conserve. Finalement ce projet est
réalisé avec l'aide de Heyer et Burchtroff et
l'orgue de Cavaillé-Coll est reçu avec quelques
réserves en 1848 par Hamel, expert
délégué par le Ministère
des Cultes. L'instrument comportait 40 jeux répartis sur 3
claviers de 54 notes et un pédalier de 25 notes.
En 1900, une
restauration nouvelle et plus regrettable eut lieu. On supprima la
tribune de Dallam pour placer, sous l'orgue, une lourde construction en
granit de style gothique. Les facteurs, les frères Wolff,
furent chargés de l'instrument lui-même. Ils
vidèrent le positif conservé par
Cavaillé-Coll et le transportèrent dans l'orgue.
Ils firent enfin des remaniements à la composition de
Cavaillé-Coll qu'ils alourdirent encore en supprimant, par
ce déplacement du premier clavier, ce qui pouvait subsister
de l'équilibre primitif. La console est
indépendente et placée dans ce qui
était le positif. À cette occasion, le nombre de
jeux est porté à 50. L'instrument
révisé est inauguré par Louis Vierne.
Vers 1958, le
facteur Jean Hermann démonta complètement l'orgue
et commença un travail d'électrification de
l'instrument accompagnée d'une augmentation qui devait
porter le nombre de jeux à 70. Malheureusement, les devis ne
comprenaient pas la remise en place du positif. Le facteur mourut en
laissant son ouvrage inachevé. Celui-ci fut repris tout
d'abord par Roethinger qui continua dans la même direction
lorsque son établissement fit faillite. C'est finalement la
maison Danion-Gonzalez qui fut appelée à achever
ces travaux, selon une étude de Marcel Dupré.
Pareille finition d'un matériel maintes fois revu, sur un
plan souvent bouleversé par les différents
facteurs, était fort délicate. Achevé
début décembre, l'orgue fut inauguré
le 12 décembre 1971, en la fête de saint Corentin,
par Gaston Litaize.
La silhouette
actuelle de l'ensemble est transformée en partie et alourdie
par la suppression de la tribune primitive formée de grandes
colonnes de bois. Il n'en reste aujourd'hui qu'un frise
ornée de rinceaux et un balcon à balustres en
bois fort élégants.
Actuellement,
quelques bourdons, des pieds d'anches et le Cromorne datent environ du
XVIIe siècle et pourraient être sortis, comme le
buffet, des mains de Robert Dallam. Une grande partie du
matériel est de Cavaillé-Coll. Pour le reste, il
provient des trois derniers facteurs qui ont travaillé sur
l'instrument. Ajoutons que le plan de l'orgue est très
défectueux et que sa belle sonorité est tout
à la gloire des harmonistes et du matériel. En
effet, on trouve en façade à gauche le Positif,
à droite le Grand-Orgue. Au fond de la tribune - la partie
arrière du buffet étant détruite - a
pris place la boîte du Récit, alors que les tuyaux
de Pédale sont accrochés de part et d'autre,
certains fort loin les uns des autres. Seule
l'électricité peut autoriser pareille dispersion.
La traction mécanique, de par sa logique naturelle qu'elle
imposait, donnait des plans qui devaient beaucoup moins tracasser les
harmonistes!
Une
restauration, effectuée de 1993 à 2003 par la
maison Giroud-Nonnet, a permis de réhabiliter le buffet
ancien avec son positif de dos en revenant à un instrument
à traction mécanique où domine
l'influence de Cavaillé-Coll.
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